La Chapelle Foujita

Au 33, rue du Champs de Mars, c’est une œuvre architecturale au nom bien particulier qui veille religieusement sur l’enceinte verdoyante qui l’entoure, depuis sa construction remontant à 1966. La chapelle Notre-Dame-de-la-Paix est en effet plus connue sous le nom « chapelle Foujita » ; celle-ci empreinte le nom de l’artiste d’origine japonaise Tsuguharu Fujita, dont les talents s’exercent dans des domaines très variés de l’art, tels que la photographie, la céramique, l’illustration ou encore le cinéma. Ainsi que son auteur, qui a œuvré en Asie, en Europe et en Amérique, la chapelle Foujita se situe à la confluence de nombreuses cultures. Il s’agit de la raison pour laquelle le style roman, hérité du style architectural des XIe et XIIe siècles, y côtoie si aisément des éléments propres à l’art nippon et des réminiscences de la Renaissance italienne.

La chapelle Foujita - Portail officiel des Musées de Reims

Cette pluralité de styles caractéristique de la chapelle est loin d’être anodine. Moins de trois années séparent la rédaction, en pleine guerre froide, de l’encyclique Pacem in Terris, véritable éloge de la paix qui dépasse de loin les frontières religieuses, par le pape Jean XXIII, de la construction de la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix. En réunissant en un même lieu saint les canons esthétiques de cultures diverses, c’est vers un idéal de tolérance que se dirige le génie créatif de Fujita.

Cependant, la chapelle n’est pas uniquement issue de l’imagination de Fujita. C’est René Lalou, président des champagnes Mumm, qui a financé le projet. Si Fujita conçoit le plan et la décoration, les vitraux sont réalisés par Charles Marq (de l’atelier des maîtres-verriers rémois Simon-Mars). Et quant aux ferronneries et aux sculptures, celles-ci sont signées Maxime Chiquet et les Frères André.

Léonard Fujita et René Lalou en 1966

           

C’est aussi, d’un point de vue purement technique, une prouesse que réalise Fujita, lui qui à l’orée de sa vie fait son baptême de peinture à la fresque et qu’il réussit avec panache. Préférant le pinceau à la brosse, il réalise trois scènes distinctes au fond de la nef. Une première scène montre Dieu, l’agneau sur ses genoux, et entouré de quatre animaux qui symbolisent les évangélistes, la deuxième représente Sainte Élisabeth et la Vierge, tandis qu’une peinture de femmes et d’enfants bénis est la dernière pièce de ce triptyque. Les vitraux, eux, relatent des épisodes bibliques célèbres – la Création, la Chute de l’Homme et l’Arche de Noé – de même que les horreurs de la guerre, et en particulier d’Hiroshima.

Chapelle Foujita Reims 2015 intérieur.jpg

           

La chapelle Foujita a été bénie le 1er octobre 1966 et remise solennellement à la ville de Reims le 18 octobre de la même année. Elle est inscrite MH (monument historique) depuis 1992, et depuis 2009 les urnes contenant les cendres de Tsuguharu Fujita et celles de son épouse Kimiyo, y reposent en paix.

La visite de la chapelle est gratuite pour tout étudiant de moins de 25 ans, et des ateliers, spectacles, concerts et visites guidées sont disponibles pour des prix allant de 4€ à 5€. On y accède en bus par la ligne 7 (arrêt Foujita) et en tramway par les lignes A et B (arrêt Schneiter).

MILOSAVLJEVIC.Dimitri

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