La porte de Mars

Elle ne peut vous avoir échappé. Située Place de la République et fière de ses 13 mètres de hauteur pour 32 mètres de largeur, la Porte de Mars est un monument antique incontournable de la ville de Reims, et ce, depuis des siècles. Mais quelle est son origine, et quelle fut son utilité ? Comment est-elle parvenue à résister aux assauts du temps ? C’est ce que vous découvrirez dans les prochaines lignes.

            La porte de Mars tient son nom de la proximité d’un temple dédié à Mars, dieu romain de la guerre. Cet arc monumental a été bâti au IIIème siècle, en même temps que trois autres arcs érigés aux entrées cardinales de Durocortorum, ancêtre de la cité des rois. Les autres portes n’existent malheureusement plus. La porte Cérès a été démontée en 1798, et les porte de Bazée et de Vénus en 1755. Ces arcs servaient de portes d’entrée à la ville mais pas uniquement. Elles avaient également pour vocation de montrer la prospérité de la ville sous le Haut-Empire.

Au Moyen Âge, la porte de Mars fait partie du château des Archevêques. Au moment de la reconstruction du rempart au XIVe siècle, les arcades sont bouchées et une nouvelle porte de Mars, avec pont-levis, est alors construite 100 m plus à l’est pour reprendre sa fonction. Cette dernière disparaît au milieu XIXe siècle avec le démantèlement du rempart.

C’est bien plus tard, après moult péripéties, que la porte de Mars est redécouverte et restaurée au XIXème siècle. Lors du démantèlement du remparts entrepris en 1840, la question est posée du devenir du monument. La même année, le monument est dans un premier temps inscrit Monument Historique. L’écrivain Prosper Mérimée lutte pour mobiliser l’opinion et les fonds nécessaires à la sauvegarde et à la restauration de l’arc. Plus tard, l’architecte Narcisse Brunette reconstitue en 1854 le pilastre ouest du côté des promenades. Des restaurations sont effectuées aux XIXe et XXe siècles, mais celles-ci sont peu efficaces. En 1983-1984, les Monuments Historiques mènent d’importants travaux de restauration scientifique. Une plaque commémorative est installée non loin de la porte en souvenir des soldats ayant servi en Orient et d’Alexandre de Serbie lors de la Première Guerre mondiale.

           

Aujourd’hui, des campagnes de restauration voient le jour afin de conserver ce vestige antique. Un premier appel au mécénat en 2015 a permis de remplacer la couverture en béton, qui ne permettait plus une bonne étanchéité du monument, par une couverture en plomb, ainsi qu’un réseau d’évacuation des eaux de pluie. Plus récemment, ce sont les parements et les décors de la porte qui sont visés par le programme de restauration. Si l’envie vous prend, vous pouvez soutenir le projet de restauration de la porte de Mars sur le site fondation-patrimoine.org.

Dimitri.

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