Le 8 Mai 1945

En ce samedi 8 Mai, date à laquelle on commémore annuellement l’Armistice de la seconde Guerre Mondiale, le Monocle vous propose de replonger dans les évènements historiques majeurs qui ont conduit à la fin du conflit le plus meurtrier de l’Histoire. Des premières fragilités de l’Allemagne nazie aux ultimes heures de sa capitulation, vous saurez tout de ce qu’a été le 8 Mai 1945.

Octobre 1942, Égypte.

Notre histoire débute en Octobre 1942, le 23 de ce mois plus précisément. Le monde est alors divisé entre forces Alliés et forces de l’Axe et est engagé dans un meurtrier conflit guerrier depuis plus de trois ans. L’Allemagne surprend, après avoir vaincu la France en quelques semaines seulement, elle parvient à tenir bon et même à gagner du terrain face aux forces soviétiques et britanniques pourtant lourdement déployés.  Néanmoins, l’Égypte s’apprête à être le terrain d’un tournant historique majeur. En effet, du 23 Octobre 1942 au 3 Novembre de la même année, a lieu la seconde bataille d’El-Alamein dans le désert. D’un côté, la 8e armée britannique menée par B. MONTGOMERY, de l’autre, l’Afrikakorps du Maréchal ROMMEL qui menace depuis plusieurs mois maintenant la ville d’Alexandrie et le Canal de Suez. Après des combats particulièrement complexes dû à la difficulté du terrain, la stratégie britannique est payante et la victoire des forces Alliés est décisive (on notera le rôle déterminant d’une brigade française à Bir Hakeim au sud du dispositif britannique). Reprenant le contrôle du Canal, la Royal Navy et la Royal AirForce empêchent le ravitaillement des forces allemandes qui n’ont d’autres choix que de se replier et ce malgré les ordres contraires du Führer.  Quelques jours plus tard, les Anglo-Américains débarquent en Afrique du Nord.

 « Avant El-Alamein, nous n’avons jamais eu de victoire, après El-Alamein, nous n’avons jamais eu de défaite ! » reconnaitra d’ailleurs W. Churchill.

25 Avril 1945, Allemagne

A la mi-journée, le mercredi 25 Avril 1945, le Premier ministre britannique Winston Churchill reçoit via les voies diplomatiques une proposition de capitulation formulée par Heinrich Himmler. Problème, cette lettre ne concerne qu’un seul front or il est inenvisageable pour Trumann, Staline et Churchill d’accepter une reddition partielle. La proposition est donc rejetée et l’étau continue de se resserrer autour des forces de l’Axe. En effet, le même jour à 16h, les troupes soviétiques et américaines font leur jonction à Torgau sur l’Elbe ce qui a pour conséquence directe de scinder en deux les forces allemandes. Dans le même temps, Hitler perd l’aéroport de Gatow (Berlin) et celui de Tempelhof. La capitale est encerclée, les forces allemandes amoindries et le 25 Avril marque le début d’une série de défaites pour l’Allemagne nazie.

7 Mai 1945, 2h41

Face aux déboires de leur armée et à l’inéluctable chute du IIIe Reich, les généraux allemands tentent de négocier une capitulation séparée. L’amiral Dönitz désigné par Hitler comme son successeur, essaye tant bien que mal de faire en sorte que ses soldats se rendent aux alliés occidentaux et non soviétiques, ces derniers ne respectant que peu les conventions internationales en ce qui concerne le traitement des prisonniers de guerre.

Dönitz essaye une première fois de signer à Reims une capitulation séparée mais il se heurte au refus d’Eisenhower, intransigeant quant aux conditions de reddition. Face à l’avancée de la débâcle, Dönitz envoie le chef d’état-major, le général Jodl, pour réitérer sa proposition mais ce dernier essayera le même refus.

C’est donc le 7 Mai 1945 à 2h41 du matin que la capitulation totale de l’armée allemande est signée à Reims dans l’actuel lycée Roosevelt. Sont présents : le maréchal allemand Alfred JODL, les généraux américains Walter B. Smith et Eisenhower, le général français François Sevez le général soviétique Sousloparov. La fin des combats est signée pour le lendemain à 23h01.

Cependant, Staline ne saurait accepter que la reddition soit signée à Reims. Pour lui le symbole doit être plus fort, c’est pourquoi il ordonne que la capitulation soit signée à Berlin alors sous domination soviétique. 

8 Mai 1945, 23h16 :

L’exigence de Staline est honorée et une nouvelle signature a lieu dans la nuit du 8 au 9 Mai dans une villa de Karlshorst (aujourd’hui reconvertie en musée) près de la banlieue Est de Berlin. L’Union Soviétique est représentée par le maréchal Joukov, les Britanniques par le commandant en chef de la Royal Air Force Arthur Tedder, les États-unis par le général Spaatz et la France par le général Lattre de Tassigny (pour l’anecdote, le maréchal allemand Wilhelm Keitel s’est étonné de l’inopinée présence des français à cette seconde reddition et un drapeau français a dû être construit à la hâte par soucis d’équité). Le maréchal Keitel finit de signer les neuf exemplaires du document sans condition à 23h16 le 8 Mai (heure occidentale) et à 00h16 heure de Moscou.

La seconde Guerre Mondiale laisse tout de même un bilan sans équivalent dans l’Histoire avec plus de cinquante millions de morts (soit 2,5% de la population mondiale de l’époque) dont plus de la moitié étaient des civils.  Enfin, et malgré une certaine instabilité depuis 1946, le 8 Mai est déclaré jour férié en 1981 en l’honneur des combattants, et le rituel veut qu’à cette date le président de la République passe en revue les troupes place de l’Étoile, ravive la flamme du tombeau du Soldat inconnu et y dépose une gerbe.

Monoclement vôtre

Lucas

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